Le nombre de ces nomes a varié au cours du temps de 38 à 39 à l’Ancien Empire, à 42 au Nouvel Empire. Les origines de ces unités administratives à vocation économique et fiscale sont mal déterminées. Certaines d’entre elles avaient une réalité géographique ou culturelle étant les héritières directes des petites principautés installées en Égypte au prédynastique.

Placé sous l’autorité d’un officier délégué du pouvoir central, le nomarque, leur pouvoir politique était réel. Ce nomarque avait en charge la collecte des impôts, la sécurité interne du nome et occupait des fonctions juridiques ainsi que des charges de bâtisseur. Ces fonctions civiles s’accompagnaient de toutes une série de charges sacerdotales en rapport avec l’administration du temple et l’exercice du culte.

Dans certaines régions, par exemple dans le 15e nome de Haute-Égypte, on peut observer une continuité généalogique depuis la IXe dynastie jusqu’au règne de Sésostris III. Une même famille gère la région, tout d’abord de façon indépendante au cours de la Première Période Intermédiaire et par la suite sous l’autorité du roi, pendant plus de 300 ans.

Après une réforme administrative sous le règne de Sésostris III, la charge de nomarque s’éteindra progressivement. Ils seront remplacés par des fonctionnaires plus nombreux, au pouvoir plus limité, soumis à l’autorité du vizir et administrant des unités géographiques plus restreintes (niout « ville »). Toutefois, les nomes continuent de matérialiser le découpage du territoire.

Leur capitale était désignée par un emblème faisant référence à des animaux, des arbres, des symboles ou des divinités. Cette partie de l’emblème était le témoin de cultures, dites primitives et remontant à l’époque prédynastique. Le hiéroglyphe figurant le terme de nome, en revanche, est un produit de l’unification du pays: il représente un terrain quadrillé de canaux d’irrigation et renvoie à l’organisation étatique de l’agriculture.

 Sur trois millénaires, le nombre, les capitales, les limites, l’appellation officielle des provinces ont varié en fonction de la structure politique et sociale, des avancés et des reculs de la mise en valeur du sol, de la croissance ou du déclin des villes.

Sophie Desplancques