L’atelier
Sauve qui Peut

En 1970, sur une suggestion de Henri Goetz dont il suit les recherches
sur la gravure au carborundum, Tristan Bastit, en complément
de son activité de peinture, crée à
Paris l’atelier
«Sauve Qui Peut«. Perché sous les
toits de l’hôtel de Cagliostro, au 1, de la rue
Saint Claude, le petit atelier entend d’une part attirer les
jeunes artistes désireux de travailler dans un esprit de
partage des expériences créatrices et de
renouvellement de la gravure. En ce sens il prolonge ce qui se faisait
encore dans les ateliers de Johnny Friedlander (où Tristan
Bastit avait travaillé quelques années), de
Stanley Hayter ou de Ricardo Licata. D’autre part, on
s’y attache à résoudre les multiples
difficultés que soulève l’impression
des planches crées avec les toutes nouvelles techniques
issues des procédés au carborundum.
Rapidement s’affirme
à
«Sauve Qui Peut« une détermination des artistes
de s’approprier créativement les
procédés de l’impression au
même titre que ceux de la fabrication des planches.
« Car, en fin de compte, ce qui rend
extrêmement moderne la gravure en taille-douce
c’est qu’elle est le seul système
d’impression qui autorise encore l’intervention,
à tous les stades, de la main de l’artiste. Et
c’est justement la marque ferme de cette main de
l’artiste qui en fait tout le prix ».
Bernardo Damiano poussera cet esprit à un
achèvement avec sa suite de planches sur le thème
de l’argent. Un premier noyau de jeunes artistes se forme
autour de Tristan Bastit avec : Herdal Alantar,
Françoise Magrangeas, Malec Lehoussine, Indira
Naïr, Holey Chirot.

En 1972 l’atelier
«Sauve Qui Peut« s’installe au
rez-de-chaussée dans un local plus vaste qui lui permet de
donner plus d’ampleur à ses activités.
De nouveaux artistes viennent y travailler
régulièrement (Thieri Foulc, Richard Davis,
Nicole Levin, Madeleine Paradis, Assadour, Ali Acerol, Jim Brown,
etc.). Parallèlement les activités
d’impression voire d’édition de gravures
s’organisent. On y imprime notamment les difficiles planches
de la naissante technique de Henri Goetz, celles de Ricardo Licata ou
d’Assadour, de Bernardo Damiano, d’Alexis Gorodine,
de Dicran Dadérian, etc. . On édite
quelques planches (Goetz, Davis, Daderian) et des livres
d’artistes : Trajet, puis Islands de Holley Chirot.
En 1976 l’immeuble est évacué pour
rénovation et l’atelier ferme ses
portes.